Shabbat Tetsaveh | Adar 8 5774-תצווה

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PARACHA TETSAVEH

«Tu donneras un ordre aux enfants d’Israël: ils amèneront vers toi de l’huile d’olive pure concassée, d’allumage, afin d’élever une lumière perpétuelle (ner tamid)».
En chacun de nous existe une lumière perpétuelle, un « ner tamid ». Le ner tamid est un désir inconditionnel et sans limite envers le Créateur. Ce désir peut être ressenti lors des grands moments spirituels, des célébrations exceptionnelles ou très bonnes nouvelles. Mais c’est au quotidien que le problème commence. Lorsque la vodka a cessé de couler, lorsque la hilloula du tsadik est terminée ou que les néons de kippour se sont éteints pour une année. Comment faire vivre le ner tamid?
La réponse: avec de l’huile d’olive.
Nos sages disent que de la même manière que pour extraire l’huile il faut broyer l’olive, pour extérioriser l’âme il faut briser le corps.
Rabbi Na’hman enseigne à ce sujet: «L’existence de l’âme passe essentiellement par nos désirs et nos bonnes aspirations envers Ha-shem, chacun sanctifie son âme en fonction de ses bonnes volontés. Néanmoins, il faut absolument exprimer avec la bouche toutes nos aspirations afin de pouvoir les réaliser. Cela montre l’importance de la discussion avec le Créateur. Car il faut beaucoup parler avec D-ieu, chaque jour, et Lui raconter nos désirs et ce qu’il nous manque pour devenir meilleurs. Demander, prier, supplier Ha-shem afin qu’Il ait la bonté de combler ces désirs, c’est ainsi qu’on y arrivera » (Likoutey Moharan 31).
Pour extraire l’huile de l’olive, pour briser le corps, il faut parler.
Sans commencer à ouvrir la bouche régulièrement, on fonctionne spirituellement à petit régime et le feu intérieur du désir, même s’il est là, reste atrophié, il ne se réveille qu’exceptionnellement, parfois à l’aide d’éléments extérieurs. Et comme aujourd’hui nous sommes en pleine période de délivrance finale et que le feu intérieur ne demande qu’à bruler, nous essayons de le ressentir en créant de grandes occasions, des situations enivrantes. C’est ainsi que certains recherchent le ner tamid dans la fête, d’autres à travers les voyages ou la drogue, l’argent ou la philosophie. Mais ces feux d’artifices ne fonctionnent pas à long terme, car lorsque le feu artificiel s’arrête, le quotidien revient.
Il peut en être de même dans la vie spirituelle. La présence de D-ieu est palpable lors des grands évènements mais lors des prières quotidiennes on ne ressent plus rien, on pense à autre chose.
Sans le savoir nous sommes victimes de notre pire ennemi : Amalek.
Les sages enseignent qu’Amalek est celui qui installe le doute dans le cœur des enfants d’Israël : D-ieu est-Il avec nous ou pas ? En d’autres termes on n’est pas sûr d’être important aux yeux de D-ieu, la conséquence de cette erreur est que l’on perd confiance en soi, on doute. Alors on n’a plus envie de prier.
Ce Chabat nous allons rajouter à la lecture de Torah quotidienne la section appelée Zakhor : souviens-toi ! En termes de lois juives, l’écoute de ce passage est plus obligatoire que tout le reste de la Torah sur lequel subsiste un doute juridique (très minime et non retenu) au niveau de l’obligation d’écoute. On pourrait presque dire que Zakhor est la section la plus importante de la Torah.
Mais de quoi faut-il se souvenir ?
« Zakhor, souviens-toi, de ce que t’a fait Amalek en chemin après votre sortie d’Egypte. Il ta rencontré en chemin et a attaqué les plus faibles qui étaient à la traine, toi tu étais fatigué et épuisé, et lui ne craignait pas Elokim (D.). Ce sera lorsque D-ieu t’aura débarrassé de tous les ennemis alentours dans la terre que l’Eternel ton D-ieu te donne en héritage, alors efface le souvenir d’Amalek de dessous les cieux, n’oublie pas ! ».
Amalek : le doute. D-ieu est-Il avec moi ?
Le seul passage de la Torah dont la lecture ne fasse aucun doute est celui qui parle du…doute. Car le doute est le pire ennemi de D-ieu, il empêche les enfants d’Israël de faire briller la flamme perpétuelle, c’est-à-dire le désir d’amour pour D-ieu. Sans l’expression de ce désir le monde ne vaut pas la peine d’être créé, et je ne ressens pas non plus que je vaille la peine d’être créé.
Alors il ne reste plus qu’à s’amuser pour oublier, le festin d’Assuérus. Et peu importe s’il met les habits du grand prêtre et utilise les ustensiles du temple détruit, peu importe si les valeurs du judaïsme sont ridiculisées, puisque D-ieu m’a abandonné.
D-ieu m’a abandonné ???
Chaque respiration c’est Lui qui me la donne, la force du bras avec lequel je faute c’est aussi Lui qui me la donne. Mais ce qu’Il ne fera pas à ma place c’est d’extirper le doute. Il me débarrassera de « tous les ennemis alentours » mais en ce qui concerne le doute intérieur, celui qui affaiblit ma lumière perpétuelle, c’est à moi de faire la guerre. Et si je décide de faire la guerre en m’attachant aux conseils de Mordékhai, le tsadik, alors la victoire ne fait aucun doute.
Cette victoire nous allons la célébrer après Chabat. Pourim est le jour le plus important de l’année selon la Cabbale. A Pessa’h on donne son pain à D-ieu et l’on se contente de galettes. A Chavouot on donne son sommeil à D-ieu et l’on veille toute la nuit, à Souccot on donne sa maison à D-ieu et l’on dort dans une cabane. Mais à Pourim on donne toute sa tête à D-ieu, son esprit et son intelligence, car on boit au point de plus rien comprendre, de ne plus faire la différence entre Mordékhaï et Haman. En ce jour se saouler a un sens, il faut simplement le faire dans la bonne intention.
Mais pourquoi ne plus rien comprendre ? Pour s’attacher à une chose absolument incompréhensible qu’aucune logique humaine ne puisse appréhender, une chose tellement extraordinaire et incroyable que l’on pourrait facilement en douter, D-ieu préserve. Cette chose c’est l’amour exceptionnel et infini qu’Hashem éprouve pour chacun de nous, rendons le Lui.

Chabat Chalom

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