Les clés du conflit

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Parachat   Vaéra

 

Après la première intrusion de Moché et d’Aharon dans le palais de Paro, au cours de laquelle Aharon jeta son bâton qui se transforma en serpent et dévora tous les serpents des magiciens Egyptiens, Hachem s’adresse de nouveau à Moché et lui dit : « Va chez Paro tôt le matin, au moment où il sort se soulager sur le Nil, et tu te dresseras devant lui sur le bord du Nil, et prend avec toi le bâton qui s’est transformé en serpent… ».

Du rapprochement des versets, il semble, à priori, qu’il s’agit ici du bâton en question avec lequel Hachem ordonna de produire le miracle de la transformation en serpent. Cependant, lorsqu’on se penche de plus proche sur les versets, on s’aperçoit que plus haut dans le verset 9, Hachem leur prédit que le bâton se transformera en Crocodile ! Or ici le crocodile est devenu un serpent…Comment les versets s’imbriquent-ils ?

Lorsqu’Hachem se dévoila à Moché dans le buisson, et qu’Il lui ordonna d’aller libérer le peuple d’Israël, Moché lui exprima sa crainte sur le crédit que les enfants d’Israël allaient donner à ses dires.

Hachem lui demanda : « Que tiens-tu dans ta main ? »

Moché lui répondit : « Un bâton. »

Hachem répliqua : « Jette-le par terre ! »

Moché le jeta, et le bâton se transforma en serpent. Moché pris la fuite, et Hachem lui ordonna de lui tenir la queue. Moché attrapa le serpent, et il redevint un bâton dans sa main. Le Halchikh Hakadoch demande : Pourquoi Hachem eut besoin de demander à Moché : « Que tiens-tu dans ta main ? », ne le savait-Il pas ? Toute personne qui eut été sur place ne l’aurait-il pas vu ? Pour quelle raison, également, Hachem trouva l’utilité de faire jouer à Moché le scénario du bâton, était-ce une répétition du spectacle ? Pourquoi ne pas lui indiquer les instructions à suivre lors de la démonstration devant Paro ? Personne n’était présent lors de cet échange entre D… et Moché, le miracle était censé impressionner qui exactement ?

Le Halchikh explique que le signe du serpent était une allusion en regard avec Moché. Car étant donné que Moché ressentit une crainte à l’égard de Paro, Hachem lui dit : « Regarde le bâton, et apprend de lui ! Car se trouvant dans ta main, il n’est qu’une créature inanimée, qui ne peut faire de mal à personne ; en le jetant de devant toi, il devient un serpent violant, duquel tu te dois de t’enfuir, et lorsque tu tiens sa queue, il redevient un bout de bois. Ainsi est Paro !

De nombreuses années tu as grandi dans sa maison, tu étais sur ses genoux et tu jouais avec lui, et une fois même tu lui as ôté sa couronne !

« Que tiens-tu dans ta main ? » Cette expression vient faire allusion à l’anecdote dans laquelle Moché, jeune enfant, ôta la couronne de Paro et la tint dans sa main !

« Un bâton ! » Ce terme fait allusion que Paro ne le tua point, pour cet acte, mais au contraire, il le fit grandir dans sa maison comme son fils, et il se conduisit à son égard comme un bâton qui n’est point dangereux pour son entourage. (Le Midrach raconte que Paro fit amener un plateau plein d’or, et un plateau plein de braises, et les présenta à Moché, encore tout jeune, pour tester s’il avait de l’intelligence. Lorsque Moché approcha sa main vers l’or, (comme tout bon juif), l’Ange Gabriel intervint et lui orienta la main vers les braises. Il retira sa main précipitamment avec un bout de braise et le mit dans bouche. Sa langue se brûla, et il garda ce handicap jusqu’à ses derniers jours.)

« Il le jeta par terre », fait allusion au moment où Moché se sépara de Paro et prit cœur à la souffrance de ses frères, puis tua l’égyptien, à l’instar de ce bâton qui se sépare des mains de son propriétaire.

« Et le bâton se transforma en serpent », Paro se transforma en serpent venimeux, et voulu le tuer.

« Moché prit la fuite de devant lui », Moché s’enfuit à Midiane.

Hachem vint lui apprendre que toute la force de Paro ne s’exprime que lorsque tu fuis de devant lui, mais si tu lui tiens tête et que tu lui attrapes la queue avec détermination, il redeviendra un bâton inoffensif dans ta main.

Voilà donc la nécessité de toute cette répétition dans les coulisses spirituelles que formaient Moché et son Créateur.

Ainsi, dans notre Paracha, lorsqu’Hachem demanda à Moché de se rendre, tôt le matin, sur le Nil, il ressentit soudainement une crainte de devoir dévoiler le secret tant gardé par Paro. En effet, Paro prétendait qu’il était un dieu, et qu’il n’avait donc jamais besoin de se rendre aux toilettes. Il sortait très tôt le matin faire ses besoins au bord du Nil.

Hachem lui rappela l’enseignement du bâton. De quel bâton s’agit-il ? Du bâton avec lequel il fit la répétition, c’est-à-dire au moment de la révélation d’Hachem dans le buisson. Il lui rappela que sa détermination et son entêtement sont les clés de la réussite, et le dénouement du conflit intime que ressentait Moché.

Pour nous également, la détermination et l’entêtement du peuple juif, à rester strictement fidèle aux prescriptions de son Créateur, sont les réelles clés et les réelles réponses au conflit meurtrier que nous avons connu ces derniers jours.

Halakha : Même si la séouda chlichite s’est prolongée au-delà de la sortie de Chabbat, on doit quand même mentionner rétsé dans le Bircat Hamazone, car le début du repas qui était pendant Chabbat fixe le statut de tout le repas. Cependant, si une personne a prié la prière d’Arvit, avant d’avoir récité le Bircat, elle ne dira pas rétsé dans le Bircat.

Chabbat   Chalom

2 commentaires sur “Les clés du conflit”

  1. Bonjour, êtes vous Arié Ghozland de minhat chalom de marseille? Merci pour votre travail. Cordialement

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