Le medecin, peut-il soigner?

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Parachat Michpatim

 

La Thora rapporte dans notre Paracha l’ensemble de la législation qui régit les cas de dommages commis à autrui. L’un d’entre eux est le cas d’une personne qui endommage physiquement son prochain. Les versets prescrivent qu’elle devra dédommager la victime et lui verser quatre paiements :1) Les soins médicaux. 2) La perte de travail. 3) La honte. 4) La souffrance affectée au dommage.

En effet, le texte dit : « רק שבתו יתן ורפא ירפא », qui veut dire littéralement : « …il lui versera le dédommagement médical, et guérir il se guérira. »

La Guémara, dans le traité de Baba Kama, apprend de la formulation de ce verset, c’est-à-dire du dédoublement du terme « ורפא ירפא  », qu’il est permis à tout médecin d’apporter sa connaissance et son assistance médicale à un patient, en vue de le guérir.

Les Tossfot demandent : Pourquoi la Thora a eu besoin de doubler le terme de ‘guérir’ ? Même si elle l’avait écrit une seule fois, on aurait compris qu’il est possible à chaque docteur d’apporter sa thérapie au malade, puisque la guérison humaine est autorisée ?

Ils répondent que si le terme avait été mentionné une seule fois, on aurait permis de guérir des blessures causées volontairement par des êtres humains, à l’instar du cas de la Thora. Par contre, on aurait supposé que les maladies envoyées sans aucun doute par le décret Céleste, il est impossible de les traiter médicalement, car cet acte supposerait qu’on intervient contre la volonté Céleste, à savoir que si D… a envoyé la maladie, c’est à Lui d’envoyer la guérison ! C’est pour cette raison que la Thora a écrit deux fois le terme de guérison, pour nous enseigner que l’autorisation est donnée à toute la famille de la médecine, d’apporter son savoir médical pour guérir tant les blessures et dommages causés par les hommes, motos, voitures etc…, tant les maladies envoyées aux êtres humains par le Ciel.

A la lumière de cet enseignement, le livre ‘Yalkout Haguérchouni’ tente de répondre à une question que le monde pose sur les paroles du Midrach suivant.

Le Midrach dit (Yalkout Chimoni 391): « Depuis le jour de la destruction du (deuxième) Temple, il a été décrété par le Ciel sur le peuple d’Israël, que tout celui qui voudra se consacrer à l’étude de la Thora ne pourra le faire que dans la souffrance et l’étroitesse financière, mais qu’Hachem s’apprête à dédommager les étudiants de la Thora, pour cette souffrance, au moment de la venue du Machia’h. » Les gens demandent : puisque la souffrance de ceux qui étudient la Thora provient d’un décret du Ciel, pourquoi Hachem ordonne-t-Il de les soutenir et de leur venir en aide ? Cette aide ne constitue-t-elle pas une contradiction avec le décret Divin ?

La réponse se trouve dans les paroles de Tossfot. De la même façon que le médecin a la permission, voir le devoir, de guérir ses patients, ainsi soutenir les étudiants de la Thora qui sont dans la difficulté est une Mitsva, et ne constitue en rien une contradiction avec les projets Divins.

On comprend bien maintenant les sages paroles de la Guémara qui disent (chabbat 72) : « Tout celui qui méprise (même dans son cœur) les Sages de la Thora, ne trouvera pas de remède à sa plaie. » Car si cette personne pense, dans son esprit tordu, qu’il ne faut surtout pas aller à l’encontre du décret Céleste, et qu’il faut bien conserver les sages de la Thora dans la pauvreté la plus authentique, afin d’appliquer à la lettre ce qui a été décrété d’Hachem, elle devra également annuler sa carte vitale, car il lui est dorénavant interdit de se rendre chez le médecin, ni même le dentiste, et il lui est également interdit de prendre des calmants (doliprane etc…), car il lui faut respecter à la lettre le décret Divin qui lui a envoyé les problèmes médicaux dans lesquels elle se trouve.

Il est donc préférable pour tout le monde d’opter pour l’option de Tossfot qui préconise que l’intervention humaine est autorisée, voir même conseillée, pour alléger et adoucir les décrets qui nous sont imposés par le Ciel.

Halakha : Les Sages ont défendu de faire un travail interdit le samedi soir jusqu’à que l’on fasse la Havdala. Cependant, si une personne a fait la prière d’Arvit et qu’elle a mentionné le texte de ‘ata honèntanou’, elle a désormais le droit de faire n’importe quel travail. Toutefois, si quelqu’un a besoin de faire une action (interdite le Chabbat) après la sortie de la nuit, il lui est possible de dire ‘baroukh hamavdil ben kodech lé’hol ’, et ensuite de faire n’importe quelle action, car ce texte est assimilé à une Havdala. Cependant, cette phrase ne l’exempte pas de la Mitsva de Havdala.

 

 

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